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Le projet des Orages
Fondé en janvier 2024 par deux amies, Laure Konczaty et Gabrielle Paoli, le projet Les Orages est un lieu culturel consacré aux arts vivants à Lectoure, en Lomagne gersoise.
S’il existe une éthique, en tant qu’être humain, c’est être digne du don sublime d’être vivant. Et d’en incarner, d’en déployer autant que faire se peut, les puissances.
Les Furtifs, Alain Damasio

Le projet
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La genèse
Notre projet est de redonner vie à une ancienne tannerie nichée sur les berges du Gers, en honorant la longue histoire des artisans, poètes et petits entrepreneurs qui s’y sont succédés depuis le XVIIème siècle.
Nous restaurons ces espaces qui ont nourri et fait rêver tant de gens pour y installer une salle de spectacle, un café-concert avec son restaurant, et des chambres spacieuses et confortables pour loger artistes et visiteurs de passage.



Pourquoi les Orages ?
Les Orages souhaitent rendre possible l’événement d’une présence partagée. Ils sont une promesse d’intensité faite à tous ses visiteurs. Ils racontent l’histoire du tumulte qui bouillonne en nous lorsqu’on assiste à un spectacle qui nous bouleverse. Celle aussi de la tempête qui bat les vitres pendant qu’on danse devant le feu.
Nous avons imaginé ce lieu comme un creuset des rencontres, des émotions et des aventures intimes.
L’association
Les activités artistiques et culturelles des Orages sont portées par une association d’intérêt général. Profondément ancrée à Lectoure, l’association participe activement à la vie culturelle locale et promeut des formes artistiques ambitieuses, populaires et éclectiques.
Pour adhérer à l’association ou faire un don défiscalisé, rendez-vous sur cette page.
Un peu d’histoire
Trônant en contrebas des remparts de Lectoure, entre l’ancienne voie ferrée et le fleuve, à l’endroit exact où passe le chemin de Saint-Jacques de Compostelle, la tannerie est bien connue des habitants du coin. Cette belle bâtisse de pierre sablonneuse est un exemple typique de maisons gersoises. Elle se compose de trois bâtiments adjacents dont la construction s’échelonne entre le XVIIème et le XIXème siècle.

Le Hameau du Pont de Pile
Nous avons trouvé les premières mentions du hameau du Pont de Pile dans les notes prises par l’historien lectourois Eugène Camoreyt (1841-1905) qui évoque les délibérations de la Communauté de Lectoure au 17ème siècle : il signale l’existence d’une maladrerie rachetée par Jean Mustapha à l’ordre de Notre-Dame du Mont Carmel Saint-Lazare, disant que le dernier lépreux, un dénommé Fabias, y a vécu jusqu’à 1670.
Le Pont de Pile semble surtout s’organiser autour d’une activité artisanale commune. Il héberge dès la fin du 16ème siècle une teinturerie de bleu issu de la fleur de pastel (registre des propriétaires à Lectoure daté de 1590, archives municipales de Lectoure). Le plan de cadastre de 1836 nous donne à voir un véritable écosystème de forges, tanneries, teintureries et corroieries qui semblent travailler en bonne intelligence, profitant à la fois de l’eau de la rivière, de l’opportunité des passages sur la route et le pont et d’une position excentrée limitant les nuisances liées à l’activité des peaux (bruit, odeurs et rejet d’eaux souillées).

L’ancienne tannerie
Des recherches effectuées aux archives municipales de Lectoure et départementales d’Auch nous ont permis de retracer une histoire succincte de l’ancienne tannerie.
Au cadastre de 1824, le bâtiment le plus ancien, construit au 17ème siècle, a depuis toujours eu une fonction d’habitation.
Le second bâtiment serait celui situé le plus près de l’ancien pont. La terminologie de « chapelle » dont il a hérité jusqu’à aujourd’hui laisse penser qu’il aurait été construit sur les fondations d’une ancienne chapelle destinée au repos des pèlerins du chemin de Saint-Jacques de Compostelle. Cependant, la première source fiable est le cadastre de 1824 qui indique « tannerie » comme destination à ce bâti.
Entre ces deux édifices, le cadastre de 1824 désigne trois petits bâtiments ruraux possédés par un forgeron. Ceux-ci sont démolis en 1835 par le Sieur Tapie qui y construit l’année suivante, en 1836, un bâtiment de trois étages destiné à la fabrication et à la vente de courroies. Une demande d’autorisation est déposée quelques années plus tard, en 1839, par le même sieur Tapie, afin d’exploiter ce bâtiment en tannerie (Archives départementales d’Auch). Ce document nous donne davantage de précisions sur l’histoire de ce bâtiment. On y apprend qu’il “existe depuis 144 ans au moins”, soit une construction datant à minima de 1695. Il y est aussi indiqué qu’il était à la fin du 18ème siècle « tout à la fois une tannerie et une corroierie” En 1839, suite à l’obtention de la demande d’autorisation, ce bâti retrouve sa destination initiale de tannerie.
Au cours du 20ème siècle, la bâtisse dans son ensemble voit se succéder des habitants aussi divers que le photographe régional Jean Tapie, un fabricant de chaussures, une institutrice…
En 1994, le couple Lambert s’installe dans les trois bâtiments alors proches de la ruine. Accompagnés de leurs deux enfants, Henri et Denise redonnent vie à l’activité de teinturerie étroitement liée à l’histoire du Hameau de Pont de Pile en retrouvant la formule du pigment naturel bleu formé à partir de la fleur de pastel. Entre 1450 et 1600, « l’or bleu » avait en effet fait la richesse des pasteliers du triangle d’or situé entre Toulouse, Albi et Carcassone, avant de tomber dans l’oubli au 17ème siècle, détrôné par le facile et bon marché pigment indigo importé d’Inde. Les Lambert réouvrent le lieu au public en accueillant dans leur boutique et leur atelier des visiteurs venus découvrir la technique du fameux « bleu de Lectoure ».
En 2020, Pascal Louan, un homme du monde du spectacle parisien, rachète le lieu à Denise Lambert pour en faire un cabaret. Il profite du confinement pour effectuer de gros travaux qui sauvent une nouvelle fois cette bâtisse de la ruine.
En 2024, nous saisissons l’opportunité de reprendre un lieu magistral et en relativement bon état. Nous prenons la suite de sa rénovation en tentant d’être fidèle à sa longue histoire.




Les travaux de rénovation
Les grands travaux entrepris en 2025 ont pour objectif de restaurer la beauté de ce patrimoine emblématique du Gers, tout en ouvrant l’ouvrant sur le monde qui l’entoure, avec les contraintes réglementaires que cela implique.
Le projet architectural s’attache à utiliser des matériaux naturels, locaux et en harmonie avec le village tout en réduisant l’impact environnemental des travaux et du fonctionnement futur du bâti. Parmi les nombreux chantiers ouverts, quelques-uns sont à mentionner :
- Création d’une passerelle pour permettre l’accès direct de la cour à la salle du café-concert
- Création d’une terrasse côté Gers pour tourner le bâtiment vers la rivière
- Restauration de l’escalier central en bois et des menuiseries intérieures
- Création d’un plancher destiné à accueillir le public de la salle de spectacle
- Isolation du toit à partir de matériaux biosourcés
- Restauration de l’escalier en pierre menant à l’ancien Pont de Pile
Le soutien du programme européen Leader
Le projet des Orages bénéficie depuis mars 2026 du soutien du programme européen Leader du Pays Portes de Gascogne.
L’objectif de la subvention qui nous a été accordée est de permettre la transformation écologique de l’ancienne tannerie, en vue d’ouvrir un espace culturel et convivial tourné vers Lectoure et ses habitants.
L’aide a été consacrée à la rénovation énergétique du bâtiment, en particulier à l’isolation en toiture avec un matériau biosourcé, ainsi qu’à l’aménagement de la cuisine, du restaurant et de la salle de spectacle avec des équipements sobres, durables et efficaces.

